et pourquoi faire ?
en réalité,
c'est le voyage qui nous fait"
je ne sais plus de qui c'est mais on est bien d'accord !
N'est-ce pas émouvant de partager ce seul et même vaisseau ?!
N'est-ce pas émouvant de partager ce seul et même vaisseau ?!
La statue de la Liberté nous accueille, comme beaucoup d'immigrants avant nous, à l'entrée de Big Apple.
Nous descendons du paquebot, parmi les premiers avec notre chargement de mulet. Les douaniers nous attendent. A quelle sauce vont-ils nous croquer ? Après un bon fichage de 10 min (ne leur caché
rien, ils savent tout...), nous foulons les rues de NY au petit matin. 1 h 30 de marche avec 33 Kg sur le dos et 12 Kg sur le ventre (à ne pas confondre avec « de ventre » qui
comprendra ?) pour Fabrice et 11 Kg sur le dos et 9 Kg de Noé dans l'écharpe de portage pour maman caro. Nous sommes accueillis chaleureusement par Marie-Laure, Guillaume (le cousin de Fabrice)
et Hadrien leur petit de 2 ans. Marie-laure travaille depuis peu au consulat mais c'est pas tous les jours des "soirées de l'ambassadeur" (!). Ils ont un adorable petit garçon qui fait déjà de
belles pirouettes (private joke). et on leur souhaite plein de bonnes choses à NY. Encore un grand merci pour nous avoir fait découvrir (déjà rien que Manhattan) cette gigantesque ville sans que
se soit une galère (c'est une île...). Un accueil qui nous permet d'arriver serein en amérique. On pense à vous très fort.
A partir de là. Pendant 3 jours, nous enchainons les hauts lieux touristiques. Et des impressions de déjà vu (ah ! Ces bonnes séries américaines qui ont bercé notre enfance ).
Attention, c'est parti : 5ème avenue, Times Square, Broadway, Central Park, Statue de la Liberté, Ellis Island, Wall Street, Ground Zero, Flatiron Building (le fer à repasser), Empire State Building, des buildings, des buildings et encore des buildings,... et surtout une diversité de couleurs de peau et de langues: le fameux melting pot américain (« le bruit et l'odeur » comme disait l'autre JC (pas Jésus Christ)).
Ouf ! Une chose est sûr : NY, eh ben, c'est grand ! Très grand même !
Alors voilà quelques conseils pour les adeptes du tourisme
citadin, bruyant, lumineux et effervescent : d'abord de bonnes chaussures bien confortables, un plan de métro et de bus, au moins 10 jours devant soi pour prendre son temps et sortir des sentiers
battus classiques et, de la patience à revendre (les files d'attente peuvent être impressionnantes !). Ah oui : rajoutez quelques sous-sous aussi !
Ce qu'on a préféré et ce qui nous a ému : Ellis Island, lieu par lequel 17 millions d'immigrants sont passés pour accéder à une nouvelle vie dans le nouveau monde. 40 % de la population étasunienne à un parent, un grand parent voir un arrière grand parent qui à connu la peur, l'angoisse, la séparation et peut-être enfin, la joie de grimper sur le ferry qui les amenaient à Manhattan pour un nouveau départ. L'audio-tour et une bonne journée est plus que recommandé. Émotions garanties.
A part çà, vous nous connaissez : « bon, ben, c'est une ville quoi ! ».
Ceci dit, Noé aime toujours autant les néons, je crois qu'il a été servi.
8 h 20, le 1er octobre
11 heures de train nous attendent avant d'arriver à Montréal. Là, nous serons accueillis par Vallérie, notre hôte, pour une ou deux nuits. Nous l'avons rencontré sur couchsurfing.com (site communautaire pour les voyageurs qui prêtent leur canapé) et ferons avec elle notre première expérience de ce type d'échange. L'idée semble séduisante (!). A suivre. Ce qui est pas mal avec « L' »internet, c'est que ça permet de mettre en relation de façon horizontale (en direct) les citoyens de cette planète. C'est une nouvelle forme d'échange , non commercial. Et çà, c'est un luxe.
Grand jour, Noé a 14 mois mais surtout, nous passons enfin la frontière canadienne.
Là, le paysage qui défile nous montre déjà à quel point ce territoire est grand : des rivières, des lacs, des roselières, des ilots bordés de forêts, déjà bien colorées, à perte de vue et sans aucune habitation : le rêve.
Bon, la plupart d'entre vous savent déjà que, pour des raisons que l'on vous expliquera certainement plus tard, nous ne voulons plus
prendre l'avion. Par contre, nous voulons toujours voyager, échanger, renconter... Oui mais comment aller au Canada ? Comme nous partons pour un an, nous avons le temps, ou plutôt, nous prenons
le temps de traverser l'Atlantique sur les flots. C'est une façon romantique de renouer avec les premiers immigrants en route pour le nouveau monde. A ceci près qu'au XXI ème siècle, avec un
bébé, seule est possible une croisière. Alors vogue la croisière !
Pour nous,
La croisière c'est :
tous les jours piscine, jacuzzi, bouffe à volonté du monde entier (10 restos), casino, balnéo, ppingsho (!), show, piano, guitaro, football... euh non, mais tennis, basket, footing (eh oui, c'est
un grand bateau ) et le top : le golf !Tout ça pour 3,5 litres de fuel à la seconde : la décroissance quoi ! C'est quand même moins que l'avion...
La croisière c'est aussi :
Les oiseaux qui nous accompagnent : fou de bassans, faucon crecerelle, mouette rieuse, fulmar boréal, goéland marin, petits passereaux divaguants (pas "dix vagues en" !) non loin des côtes
anglaises et qui parfois, près des côtes américaines, passent la nuit à bord : minuscules océanites et un faucon pèlerin miniature, le faucon émérillon appelé ici le merlin. C'est surprenant le
soir, de les voir cohabiter alors que le jour les uns chassent les autres. A l'heure où, après un (trop) bon repas on se promène sur le pont pour digerer, profiter des étoiles dans le spa (!) ou
simplement contempler la sombre houle (presque angoissante), eux, les habitants de nul part, les oiseaux maritimes se calent, à l'abris du vent sur notre vaisseau, seul point dur et lumineux dans
cet océan à perte de vue. Demain, ils se réveillerons un peu plus loin de chez eux. Mais c'est où chez eux ? Tous pêchent, chassent, dorment et... ( enfin vous savez quoi...) ici. Leur monde
c'est la mer, l'océan, et cela leur réussi pas mal. Les oiseaux marins sont parmi les animaux qui vivent le plus longtemps (voir « la Hulotte », journal le
plus lu dans les terriers, N° 90 sur les mathusalèmes).
Mais une croisière, c'est encore :
Le ciel et la mer qui font l'amour 24/24 engendrant l'infini (c'est quand même ce que nous cherchons entre autre : l'espace).
A dix mètres de haut, la vision n'atteint que 11 km à la ronde mais pour nous c'est un horizon sans fin. Cette immensité liquide et monotone (et houleuse) est parfois angoissante, on
se sent vulnérable. Mais avec un peu de hauteur, c'est vulnérabilité devient humilité, et on se dit : « on vit sur une sacré planète ». Du bleu profond de la mer au blanc gris
magnifique des nuages, l'ambiance est océane. Et quand le soleil s'invite, c'est plouf à trois dans le spa (37°C) sur le pont face au panorama. Noé adore ça.
Et enfin et surtout, la croisière c'est :
Les premiers pas de notre « enfant » (à prononcer avec l'accent québécois)
Cela faisait bien une dizaine de jours qu'il titubait avec crainte et curiosité mais là, sur le bateau, en pleine mer, avec roulis et tangages, çà y est, il s'est élancé tout seul sous nos yeux
anxieux et émus.
Je vous raconte pas l'entrainement. Pour apprendre, quand ça bouge, c'est parfait pour la proprioception. En même temps, c'était idéal pour lui (comme pour nous d'ailleurs), des Km de moquette
sans obstacles ni objets à attraper (ou presque). Sur la terre ferme, ça va lui faire tout bizarre.
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