Vendredi 9 octobre 2009
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En réponse à Christelle qui se demande pourquoi finalement, nous rentrons dans notre vieille Europe en avion et non en bateau (ou à
vélo. Ah, si c'était possible...!), voici une courte explication :
J'imagine qu'en 2009, on peut (enfin ?!) comprendre pourquoi les déplacements en avion, surtout pour juste son plaisir personnel, ne sont décidément pas une
réponse "durable" à notre envie de bouger sans cesse, de repousser "Nos" frontières (qui demeurent bien fixes et réelles pour la majorité des habitants de cette
planète !) ou souvent seulement pour "bronzer".
Les nuisances (en croissance) sont tellement nombreuses et complexes parfois (quand on ne s'intéresse pas à ce sujet) que
je me contenterai ici que d'énoncer quelques faits, à vous d'approfondir vos recherches :
- Un bilan carbone honteux évidemment (moyen de transport le plus polluant, surtout pour ses rejets de gaz à effet de serre)
- Ne chercher pas l'avion propre car même s'il existait, souvenez vous qu'il faut quand-même le fabriquer (extraction, transport, énergie...), idem pour les
aéroports (de plus en plus énormes, grignotant encore plus les dernières terres agricoles qui nous seront, elles, indispensables), j'vous parle pas des nuisances sonores (première pollution ressentie par les français et cause de nombreuses maladies chroniques) pour les
riverains.
Et puis, un jour, il faudra bien le remplacer. Pas facile à recycler l'machin !
Je ne m'étendrai pas, la liste est longue et se complète facilement quand on comprend (et qu'on accepte) la démarche "empreinte écologique".
- Compenser carbone alors ? Ah, la nouvelle trouvaille pour nous endormir. Tous les économistes sont conscient qu'il s'agit une fois de plus d'un business qui profite encore aux gros ! Ceci dit,
si vous devez vraiment prendre l'avion et pour toute activité émettrice de CO2, faites le quand-même, en restant réaliste. Ce procédé nous évitent surtout de nous remettre en question !
- Avec ces nouveaux moyens de transport, rapides (energivores en plus), on a plus le temps de découvrir : on collectionne, on zap !
- D'un point de vue sociologique voir anthropologique, débarquer en quelques heures dans un "autre monde" qu'on ne connaît que par fantasmes, avec toutes nos certitudes et notre culture, portant
ostensiblement des objets dont la valeur correspond souvent à plusieurs mois de salaire, n'aide pas à un échange égalitaire et dépourvu de préjugés (dans les deux
sens).
Comment prendre du recul sur ce qu'on découvre ? Comment ne pas juger hâtivement. ? Sans compter qu'on importe notre mode vie (dont les défauts ne sont toujours pas
résolus : besoin en eau disproportionné, production de déchets...) dans des pays déjà débordés par les leurs (dont souvent nous sommes à l'origine pour nos
anciennes colonies). Le luxe et le gaspillage qui côtoies l'indigence, ça n'augure rien de bon, même si on pense bien faire (et oui, encore une fois. "Quel
empêcheur de profiter en rond !")
A ce sujet, j'ai écris un mémoire concernant les réalités du tourisme dans les pays en voie de développement : "Quand le bonheur des riches fait le malheur des pauvres" ! (disponible en numérique sur demande avec plaisir).
Cette liste est non exhaustive, malheureusement !
Mon but n'est pas ici de culpabiliser mais d'informer pour mieux agir.
J'ai moi-même beaucoup voyagé par avion, j'adorais par ailleurs cette technologie qui me fascinait.
Disons que maintenant, ce qui me fait avancer dans la vie, c'est de trouver des solutions durables et justes qui puissent convenir à mon épanouissement, mon bonheur quoi !
Sur ce cheminement, tortueux je vous l'accorde, je découvre d'autres manières de satisfaire mes désires (et oui, ce ne sont pas des besoins fondamentaux quand-même
!).
Non seulement c'est rassurant : ça existe. Mais en plus, je me sens mieux, plus en accord avec ma conscience (vous savez, ce truc qu'on met souvent de côté parce que
ça parait plus simple). Ma vie ne se résume pas à réaliser des plaisirs jetables dont l'impact naturel et (donc) humain m'empêche finalement d'être
heureux, dans le fond (cf éthique...)
Ça peut paraître prétentieux et arrogant mais disons que j'y travaille. Je suis loin d'être un modèle et mon but ici est surtout de partager mon expérience afin de susciter l'envie de se mettre en
mouvement dans d'autres directions.
En plus, à tout point de vue, c'est plus intéressant, que de bosser pour s'acheter une voiture qu'on aura envie de changer presque aussitôt après l'avoir obtenu !
C'est vrai, je ne vous le cache pas, c'est pas simple, surtout au début.
L'important est de ne pas être seul et de commencer par des choix évidents, accessibles de suite.
Cela procure un élan et hop, on est parti !
C'est comme une deuxième naissance mais qu'on aurait choisi !
Quel liberté, quel potentiel (à découvrir, à se découvrir !).
La vie peut être différente que de "travailler plus pour dépenser plus" (pas prouvé d'ailleurs)
Bon, j'entends déjà les critiques :
"ben, y répond pas à la question de Christelle.
Le v'là encore parti dans des digressions verbales, presque métaphysiques et auto satisfaisantes..." (chassez le naturel...)
J'y viens.
Afin de satisfaire notre envie de voyager pour découvrir de nouveaux horizons, d'autres façon de penser pour remettre en question nos certitudes rassurantes (ça, c'est sain), de vivre un moment intense en famille en terrain inconnu et pourquoi pas de
découvrir notre "eldorado", nous cherchions un moyen (le moins mauvais) de transport, correspondant plus aux valeurs qu'on défend.
Bon, à pied ou à bicyclette, le Canada, ça va pas (pour y aller en tout cas, après...).
Comment faire alors ?
Renoncer ou choisir une autre destination. Repenser le truc pour voir si c'est un de ces désirs passager, si c'est sincère, profond en nous (et ça c'est de l'écologie
pratique qui ne coûte pas un sou, comme souvent)
Finalement, on s'est dit : quitte à bouger loin, autant bouger longtemps. Mais comment y aller sans prendre l'avion alors ?
N'étant pas, pour la plupart de nous trois, des marins accomplis (c'est un euphémisme), le bateau à voile était risqué (qui nous
aurait accepté sur son voilier ?!).
On pensait alors traverser l'atlantique sur le pont d'un transporteur de containers, un cargo quoi (Vous savez, les gros bateaux qui transportent toutes ces choses
indispensables à notre survie qui fait qu'on n'est pas près de changer de mode de vie). Enfin, c'est encore un autre sujet. Quoique, finalement, tout est lié
!).
Ah mais, ils ne prennent pas d'enfants en dessous de 5 ans : pas de médecins à bord !
OK
Nous restait le navire croisière
...non ?
..ben si !
La vie est souvent faite de compromis, de petits consensus qui nous permettent d'avancer. Chacun a les siens. Certains préfèrent manger des pâtes (bas de gamme de
surcroît) tous les jours plutôt que de renoncer à son abonnement illimité pour son cellulaire (entre autre) ! (du coup, on
trouve que le bio ça coûte cher. Question de choix !).
Nous, pour cette occasion, nous cédâmes à la seule solution qui s'offrait à nous. je vous renvoie à l'article écrit à ce
sujet.
Pour ce qui est de l'alternative à l'avion :
loupé !
3000 L de gasoil par minute à pleine puissance !
Certes, pour 4000 personnes mais vivant dans un luxe indécent :
10 restos, salles de gym, plusieurs piscines, casino, bars, terrain de tennis, de golf (sic), de basket, salle de spectacle (2 par
soirée)... Un ghetto de riche, flottant (le ghetto ;-).
Faut avouer qu'on s'est bien marré !
En plus, ce fut surtout pour nous, les premiers pas de Noé ;-)
Fallait juste oublier nos convictions pendant 12 jours sur l'océan.
Bref, on a tester pour vous : rigolo, pas guindé et pas forcement plus cher (surtout si on compare les services...) mais c'est pas une solution au problème des
transports.
Toujours le problème du 20-80 : 20% des humains s'accaparent 80% des ressources, au détriment des autres et en plus en déréglant le climat, en polluant et en épuisant ces ressources non
renouvelables, indispensables à nous enfants !
Ouahou, ça fait mal !
Mea culpa, on a essayé, on le fera plus !
"Bon , y va répondre à la question oui"
Voilà, voilà.
Après plus d'un an au Canada et en Alaska, des obligations professionnelles ont précipité le retour en France de Caro. Comme il me restait à vendre le van, je suis encore en Amérique du nord
(sans visa, ouhh pas bien).
Depuis plusieurs mois, nous cherchions une solution de retour différente de l'avion et du "Cruiseship".
On voulait embarquer sur un voilier du pacifique et faire un joli tour de la moitié de cette belle planète. Pas trouvé de navigateur, surtout en cette saison.
Cargo, toujours pas possible.
Croisière alors ?
Ce coup ci, ça nous aurait coûté très cher car en cette saison, pour cet itinéraire (ouest-est), il n'y avait que la Cunard, la compagnie du Titanic et là, c'est plus le même standing : Queen Mary
II je vous prie !!!
A 450 € le billet d'avion pour 2, on a fait une exception et c'est comme ça que finalement ce périple se termine un peu en queue de poisson !
C'est comme ça, c'est la vie (y paraît qu'on dit toujours ça, nous, les français)
Après ce long préambule, voilà tout bêtement la réponse : on n'avait pas trop le choix.
J'espère vous avoir un tout p'tit peu titillé sur ce sujet.
NE PAS PRENDRE L'AVION (ou le plus rarement possible),
C'EST PAS UN SACRIFICE,
C'EST VOIR LA VIE AUTREMENT.
VOYAGEONS DÉJÀ AUTOUR DE NOUS MÊME ET DE CEUX QUI NOUS ENTOURENT.
ON A TANT DE CHOSES À DÉCOUVRIR.
Je pense à vous d'ici.
J'ai hâte de partager nos expériences, d'entendre les vôtres, hâte de vous revoir.
A bientôt les ami(e)s
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Pour l'heure, je suis dans les rocheuses pour profiter des dernières couleurs d'automne (magnifiques mais comme dans les alpes en fait) .
Après une première chute de neige sur Calgary la semaine dernière, me voilà finalement sur Banff, dans notre joli van (dont je dois me débarrasser) sous 15 cm de poudre par (déjà) -16°C la nuit !
Finalement, je vais peut-être rester un hiver de plus...
Au fait, pour Fanelli :
je vais bien !
Mertci 
SEE U
Par Caro, Fabrice et Noé
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sinon c'est plutôt pas mal !
ca s'emballe mais ça c'est normal (chassé le naturel...)
bises bises
Toujours long parleur, mais bon parleur ! Alors, moi, comme d'ab' , ben, j'le veux bien "quand le bonheur des riches fait le malheur des pauvres" (si je me trompe pas ! )... Et j'ai l'autorisation de faire passer ? Profite bien des derniers moments, ils seront encore plus forts. Sinon, je m'oriente toujours vers : géologue, climatologue, océanologue, tout ça... Tout en bossant dans une biocoop... Alors, oui, soyons un peu moins con, et merci pour l'exemple du portable avec un énorme forfait et le prix du bio... ! J'le resortirai (avec ton autorisation toujours !!!!) !
Alors, on peut peut-etre ce dire à cet hiver vers chez vous !
Bises